Plantes de nos étangs

La présence de plantes sur les berges, dans les étangs et les Zones Humides est indispensable à la vie aquatique.

Principales fonctions de la flore aquatique :

  • Production d’oxygène (photosynthèse),
  • La nourriture: elles sont consommées par les poissons blancs (gardons, …),
  • Les caches: Les animaux se servent des plantes comme abris contre les prédateurs, le courant, le soleil,
  • Le support de ponte: Les poissons peuvent se servir des plantes comme support de ponte (cyprinidés). Certains insectes (libellules) pondent leurs œufs dans les tiges de nénuphars,
  • La protection des berges contre les vaguelettes créées par le vent et le courant qui érodent les berges et peuvent provoquer leurs effondrements,
  • L’épuration : les plantes en absorbant les sels minéraux consomment une partie des polluants de l’eau (nitrates, phosphates).

Type de flore : 

  • Les algues : Elles vivent fixées sur le substrat (galet, vase) ou sur des plantes. On les rencontre dans tous les milieux aquatiques.
  • Les hélophytes : Plantes vivant les pieds dans l’eau ou dans un substrat gorgé d’eau. On les trouve en périphérie des plans d’eau et des cours d’eau, dans les zones de profondeur inférieure à 70 cm.
  • Les Hydrophytes : Ce sont des plantes qui vivent entièrement immergées dans l’eau.

ZONATION TRANSVERSALE

Type de plantes
Les carex ou laîches

Il en existe un grand nombre d’espèces (50 en France).Ces plantes, encore appelées rouches ou joncs, ressemblent avec leurs feuilles allongées et leurs épis de fleurs à des graminées mais s’en distinguent par la section triangulaire de leurs tiges le plus souvent pleines et coupantes et dépourvues de nœuds. Les fleurs mâles, en forme d’épis plus ou moins retombants, sont situées au-dessus des épis des fleurs femelles. Généralement les carex, dont la hauteur maximale peut atteindre 1,50 m, forment la ceinture extérieure de l’étang avant les iris et les roseaux. Ce sont des végétaux vivaces et envahissants aux racines puissantes qui contribuent à maintenir les berges.

L’iris faux-acore ou iris jaune

Cette plante à très gros rhizome rampant, encore appelée  » Iris (ou glaïeul) des marais  Grande Laîche « … dépasse rarement 1,50 m. Elle se reconnaît à ses longues feuilles plates alternes proches de celles de l’acore (d’où son nom) et surtout à ses grandes et belles fleurs bisexuées de couleur jaune légèrement veinées de brun et pourprées au centre. L’iris jaune colonise le bord des berges et contribue, comme le carex, à leur consolidation.

Le phragmite commun ou roseau à balais

Ce roseau commun, qui peut atteindre 3 mètres, a un rhizome rampant vivace qui lui permet de coloniser le bord des eaux d’une manière souvent envahissante. Il est  facilement reconnaissable à sa houppe de fleurs rousses violacées portées par une longue hampe et à ses feuilles en lanières relativement courtes. Il sert, par ailleurs, à couvrir les chaumières (du latin calamus : roseau).

Le typha ou massette

Le typha, plus souvent connu sous les noms populaires de  » massette « ,  » quenouille d’eau « ,  » roseau de la passion  » est une plante qui peut atteindre 2 m. Il possède un rhizome de 3 cm de diamètre et une tige raide autour de laquelle sont fixées des feuilles coriaces en lame d’épée. Il se caractérise surtout par son inflorescence formée d’un écouvillon d’abord vert puis brun long de 10 à 30 cm portant les fleurs femelles et d’une houppe d’environ 10 cm groupant les fleurs mâles d’où s’échappe un pollen très abondant. Après la fécondation, l’épi mâle disparaît tandis qu’un duvet noir se développe et entoure les fruits (ou akènes). Grâce à son rhizome traçant lui assurant une multiplication rapide, cette plante décorative colonise rapidement des surfaces importantes, d’autant plus qu’elle résiste bien au froid.

Les joncs

Ils comprennent un très grand nombre d’espèces. Leurs rhizomes vivaces qui leur permettent de se développer très rapidement, portent des tiges aériennes fines et cylindriques. Les joncs colonisent les berges en formant des touffes compactes. Il est préférable de les planter (s’ils ne viennent pas tout seuls) dans des containers qui évitent leur prolifération.

La renoncule aquatique ou grenouillette

La renoncule aquatique porte aussi le nom de grenouillette parce que, comme le batracien,elle affectionne les endroits marécageux. La plante présente la particularité d’avoir deux sortes de feuilles. D’une part les feuilles submergées ramifiées et réduites à de fines lanières et d’autre part les feuilles aériennes larges et arrondies. En Avril, des fleurs aériennes relativement grandes et d’un blanc éclatant, apparaissent.

Les potamots

Ce sont des plantes qui peuplent toutes les eaux douces.On en compte une quinzaine d’espèces en France :certaines sont submergées comme le potamot crépu et le potamot dense alors que d’autres sont flottantes comme le potamot nageant qui se reconnaît à ses tiges rougeâtres et à ses feuilles aériennes ovales bien posées à plat à la surface de l’eau (alors que les feuilles submergées sont réduites à un long pétiole) et à son épi floral dressé verticalement au-dessus de l’eau. Les potamots, qui poussent généralement en touffes, se multiplient rapidement grâce à leurs rhizomes.

Les nénuphars

Deux espèces de nénuphars sont communes : le nénuphar jaune qui colonise les eaux assez profondes et le blanc qui vit dans les eaux d’une profondeur inférieure à un mètre. Les nénuphars se caractérisent par des feuilles aériennes qui s’étalent sur l’eau et par des fleurs bisexuées blanches ou jaunes selon l’espèce et portées par un très long pédoncule. Ces plantes attachées au fond de l’étang offrent un bon abri au frai des poissons en raison de la densité de leurs touffes mais leur développement rapide peut les rendre nuisibles car la quantité de matières organiques qu’ils produisent en se décomposant contribuent à l’envasement de l’étang.

Les myriophylles

Ces plantes aquatiques, qui tirent leur nom du grec signifiant dix mille feuilles, forment rapidement des herbiers en raison de leur nature envahissante. Elles se reconnaissent à leurs feuilles frêles découpées en lanières et disposées par 4 autour d’une tige légèrement rouge. Seul l’épi floral est aérien. Il se compose de petites fleurs roses unisexuées. Les fleurs mâles sont réunies au sommet de l’épi et les fleurs femelles sont placées en-dessous. Deux espèces de myriophylles submergés sont communes en France : le myriophylle verticille et le myriophylle en épi. Les myriophylles, en raison de leur finesse et de leur souplesse, abritent de nombreux petits animaux (poissons, larves, tritons…). Ils ont, par ailleurs, l’avantage d’être des plantes très oxygénantes qui contribuent à rendre l’eau limpide. Il est cependant conseillé de rester vigilant car ces plantes colonisent rapidement un étang.

L’élodée du Canada

L’élodée, importée involontairement du Canada depuis 1836, a aujourd’hui conquis toutes les eaux douces et stagnantes du continent européen. Sa densité est telle qu’elle est communément appelée  » la peste d’eau « . Cette plante totalement submergée, et poussant en touffes, se caractérise par des tiges grêles qui portent des feuilles minces dépourvues de pétioles et de fines racines adventives qui aident à sa fixation. En été, elle laisse apparaître de petites fleurs roses unisexuées et essentiellement femelles. L’extension rapide de cette plante est donc essentiellement due à sa multiplication végétative. En effet, les rameaux de la plante qui se détachent mécaniquement, au passage d’un poisson par exemple, se bouturent facilement en redonnant de nouveaux pieds . L’élodée du Canada, comme le myriophylle, est une plante très oxygénante dont la vivacité et la rusticité ne sont plus à prouver. Elle fait le bonheur des poissons qui s’en nourrissent et viennent y frayer.